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samedi 7 mars 2015

Nefertachi

Quand il m'a parlé de me momifier, j'étais un peu inquiète. Non que je sois sujette à la claustrophobie mais les momies ont toujours été une clause de terreur pendant mon enfance. Une phobie liée probablement à l'idée de ma mort.

Mais, cette inquiétude se mâtinait de l'éternelle excitation de la nouveauté. Celle qui me permet de suivre tous les désirs de mon Homme, et d'emprunter les sentiers de ses scénarios les plus sauvages... toujours à sa suite.

La perspective d'être livrée à la plus implacables des contention n'était pas pour me déplaire. Ne pas avoir le choix est une source incomparable de plaisir. J'aime que l'on m'oblige... Je ne crains plus mon plaisir quand on me l'impose... Mon esprit s'efface devant mon désir, quand je suis attachée. Et mon DouxDom l'a fort bien compris... Je n'étais pas seule dans ma tenue de momie, un délicieux intrus c'était glissé... l'hitachi.

Mon Homme a commencé par me bander les yeux, puis le visage, puis les bras, jusqu'à mes chevilles. Seuls mes seins pouvaient revendiquer une petite liberté. Il leur avait laissé deux ouvertures... Enfin, pour lui... Il allait profiter de leur vulnérabilité, avec une pluie de cire sur leur pointes... 

Les bandes me serraient bien, et si l'odeur m’écœurait un peu, je m'y suis rapidement habituée. Saucissonnée, les bras le long du corps, je ne pouvais plus bouger d'un millimètre. A ses pieds, je ne pensais à rien, envahie par l'étrange impression de n’être plus qu'un pur esprit, mon  corps étant réduit à l'état de cadavre.

Pourtant, il s'est brusquement rappelé à mon souvenir, lorsque Mon Homme a branché l'hitachi. La valse des orgasmes a commencé. Un, deux, trois, quatre... Jamais je n'aurais cru que mon corps puisse être le siège d'autant de jouissances à la suite.  Je n'étais plus qu'une matière parcourue d'ondes et de vibrations. Impossible de compter mes orgasmes...

Si bien qu'une chaleur intense m'a envahie... Paniquée, j'ai demandé à mon Homme de me libérer. Ce qu'il a fait sur le champ... et je me suis lovée dans ses bras protecteurs, sonnée par l'intensité du plaisir.

dimanche 1 février 2015

De l'art d'être esclave (suite)

Et dans le fond, cela était un excellent remède contre l'humiliation de mon rendez-vous professionnel. Paradoxalement, je reprenais des forces à être si bien humiliée.

J'avançais donc sur mes escarpins aux talons trop fins. Dans le noir, ma marche se faisait aléatoire, et je serrais fort la main de mon homme. Je savais que j'aurais besoin de ce contact pour ne pas trembler.

Jamais mon besoin de lui n'avait été aussi fort. Il était une partie de moi, en l’occurrence mes yeux. J'étais devenue une extension de lui.

Il m'a attachée les mains dans le dos, avec des menottes, et fait asseoir devant l'homme, sur la table basse. Je savais que cet homme allait détailler mon corps. Et je me demandais s'il allait voir mon sexe épilé sous le voile. Je ne pensais qu'à cela. Comme si je me rattachais à ce dernier symbole de pudeur, pour oublier que j'étais habillée comme une catin.

La voix de l'homme était agréable, il papotait tranquillement avec mon Maitre. Il avait l'air intelligent. J'en savais gré à mon Maitre de me livrer au regard d'un homme bien élevé.

Mes jambes tremblaient un peu. J'essayais de cacher cette émotion. Mon Maitre me caressait doucement la cuisse. Sa main ne me quittait pas, il prenait soin de ne jamais rompre le contact. 

Sa main était tendre et protectrice.  Je savais qu'il appréciait le pouvoir que je lui donnais à ce moment là. Et j'aimais l'idée qu'il soit excité par ce pouvoir.

Il a dit qu'il m'aimait. Jusque-là, il ne l'avait dit que dans un moment d'intimité. Je me suis contentée de sourire. Et j'ai ressenti à mon tour un certain plaisir pervers, qui n'était pas un succédané de celui de mon Maitre. Celui de faire de cet homme inconnu et bien élevé l'instrument de la reconnaissance de ma propre puissance. 

Et en même temps, j'ai ressenti une immense tendresse et une reconnaissance infinie pour cet aveu, dans ce moment où j'étais si vulnérable.

(à suivre)


mercredi 28 janvier 2015

De l'art d'être esclave

Il y a des choses que je ne pensais pas pouvoir faire. 

Ce soir là, je revenais d'un rendez-vous professionnel qui s'était mal passé. Quand j'ai passé la porte, j'avais juste envie d'être tranquille. Ou plutôt d'un moment de tendresse, de me lover dans ses bras et d'oublier tout ça.

Mais il m'avait préparé quelque chose...Rien ne s'est passé comme je l'attendais. 

Il m'a accueillie avec un bref : « vas dans la chambre ». J'ai été frustrée de ne pas l'avoir plus longtemps.  Je me suis couchée sur le lit, et j'ai regardé le plafond, légèrement hypnotisée par la fatigue de ma journée.

Il est revenu un court instant pour me dire de mettre un collant qui me couvrirait entièrement. J'étais un peu énervée. Je n'avais pas envie d'être soumise ce soir là. Il est reparti.

Et puis, j'ai entendu une autre voix dans le salon. C'est ça qu'il avait préparé, il y avait un autre homme avec lui ! 

J'ai d'abord eu peur. Et puis je me suis sentie vraiment minable. Je me suis dit que j'allais partir. Je ne pouvais pas enquiller deux humiliations. Même si l'une n'était qu'une mise en scène.

Je me suis assise sur le lit. Et j'ai pensé : je peux partir. Sur mes genoux, il y avait la combinaison. L'homme continuait à parler dans le salon. 

« Et si j'avais la force de le faire ? »

Est ce que j'ai pensé que je pouvais le décevoir si je ne le faisais pas ? Peut-être, mais je ne saurais dire pour combien ce sentiment à peser dans ma décision de rester. 

Il est revenu dans la chambre, il m'a aidée à enfiler la combinaison. Je lui ai dit : « je te préviens, si je le sens pas et qu'il me touche, je lui envoie une claque ». Je crois que l'idée était de lui mettre un peu de pression.

Il m'a dit « il ne fera rien si tu ne veux pas ».

Il m'a bandé les yeux m'a emmenée, en laisse, devant cet homme, dont je n'entendrais que la voix.

Et étrangement, mon humiliation s'est transformée en fierté. Je n'étais pas excitée par le fait d'être objectivée devant un inconnu mais par le fait d'avoir la force de le faire.

(à suivre)

Photo: Nyloculus

dimanche 4 janvier 2015

A ses pieds...

Il a enroulé les cordes, avec soin. Il les délie, d'un geste rapide. Elles tombent à terre dans un bruit sourd. L'odeur du chanvre monte légèrement dans l'atmosphère enfumée. Il fait glisser les liens entre ses doigts, lentement.  

Je le regarde, il me sourit. 

Il passe derrière moi... Il m'attache les poignets. Le contact des cordes me fait frissonner.

Ses instructions sont rares.

"Plie les coudes"

Concentré, il s'applique. Ses doigt jouent des partitions qu'il connait déjà, improvisent des nœuds, exécutent une harmonie de chanvre symétrique et régulière.

Les cordes soulignent mes courbes, les déforment, les réinventent, courent comme des racines à la surface de mon corps, distribuant leur sève léthargique. Mon esprit s'abandonne.

Il étend un matelas sous moi. Il me demande de me coucher. Je tombe à genoux. Je sens le tissu caresser mon ventre. Il remonte mes jambes dans mon dos, noue mes chevilles à mes poignets. Et pose un bandeau sur mes yeux. Je descends lentement en moi.

Mon corps inutile ne réagit plus. Il ne m'appartient plus. Il lui appartient  Je suis totalement vulnérable. Et paradoxalement libre.

Mon cœur est calme. Je sens ses battements sur mes lèvres. La sensation est douce. Elle fait divaguer mon esprit. Mes pensées vont et viennent, comme des voiles mollement agités.

De temps à autre, il caresse mon dos comme pour visiter sa propriété. Sa main réchauffe mon corps engourdi. Il pose son pied nu sous ma joue. Je le caresse doucement avec mes lèvres et ma langue. Tout est tranquille.

Sous mon bandeau, je me demande ce qu'il pense. J'imagine le plaisir qu'il ressent à me voir ainsi offerte. J'imagine qu'il pourrait me porter ainsi et m'amener avec lui.

dimanche 21 décembre 2014

Tendres retrouvailles...

Quand il n'y a plus que quelques heures entre le moment où je vais revoir mon Doux Dom, mon impatience devient fébrilité. 

La cérémonie commence bien avant que je passe le pas de sa porte... Il faut que je me prépare... M'épiler entièrement, pour être le plus douce possible sous ses doigts. Vernir mes ongles. Lisser mes cheveux. Mettre des habits qu'il aimera. Une robe noire et moulante. Des bas. Puis un léger maquillage.

Alors quand enfin, il ouvre la porte et m'accueille dans ses bras, il y a déjà plusieurs heures qu'il occupe ma tête à temps plein...

Nous nous embrassons, puis il prend le coussin qui m'est désormais familier et le pose à ses pieds. Je viens m'asseoir là, entre ses jambes.

Je suis sa petite chatte de compagnie, celle qui le détend et l'apaise. J'aime être nue et poser ma tête sur son ventre. Me lover à ses pieds et laisser sa chaleur se mêler à la mienne, sentir son désir monter, jusqu'à ce qu'il se penche sur moi et me relève...


Photo: - DR - Auteur Inconnu

dimanche 14 décembre 2014

Cinglante découverte...vu par Atalante

La badine, le nom est léger et sans conséquence... La badine ? Allons, c'est une plaisanterie... Quel instrument de torture peut porter un nom aussi charmant ?

Quand mon Maître m'a demandé de me mettre contre le bar, j'avais les yeux bandés. Cambrée en arrière, comme il lui plaît que je sois, j'ai attendu le premier coup, avec une impatience intriguée.

J'imaginais un bois tendre et souple, comme une pousse de peuplier. Mais non, la badine est en bambou. Noueux, sec et rigide.

Des petits coups agaçants sur mes fesses, mes jambes et mon dos, suivis de coups plus forts. Je reconnaissais là l'imagination de mon Maître.

Les coups forts me laissaient comme une écorchure cinglante. Une longue brûlure dont la flamme perdurait quelques secondes, avant d'être couverte par une nouvelle onde. Et ceci dans une délicieuse ronde infernale.

Mon Maître chéri me demanda de compter...

50 coups. Une sueur froide sur ma nuque. Mes fesses couvertes de sillons cuisants, que la main légère de mon Maître rendaient plus insupportables. Ma tête commençait à tourner.

100 coups, je commençais à voir de petites étoiles d'or. Le décompte devenait plus difficile.

Ça y est je vais m'évanouir. Mon Maître est là, tout prêt. Il me rattrape, amollie et titubante. Je m'effondre dans ses bras et je respire la délicieuse odeur de son tee-shirt, son parfum mêlé d'ambre et de tabac.

Photo: - DR - Auteur Inconnu

dimanche 7 décembre 2014

Intense présence... par Atalante

Quand il est loin de moi, je suis encore pleine de lui, les premiers temps. Je ressens à la fois son manque et sa présence, dans un mélange de nostalgie et de tendresse.

Et parfois, j'ai l'impression que je n'aurais jamais assez de lui, malgré tout ce qu'il pourra me donner. Que mon envie de lui va au delà de lui. Là, les chaînes sont bien inextricables que le chanvre dont il m'enveloppe, avec l'art et le goût pour les belles choses qui le caractérisent.

Alors j'attends la prochaine fois, j'attends de savoir ce qu'il a imaginé... 

Photo: -DR- Auteur inconnu

Chrysalide...vu par Atalante

J'aime que mon Maître m'apprenne à vivre autrement, à désirer autre chose. Plus je me soumets, plus je suis libre. J'aime l'insolence et la réinvention de la soumission qu'il m'impose.

J'aime ressentir la puissance qu'il ressent quand il m'humilie. J'aime qu'il prenne du plaisir à me dégrader et j'aime sentir son excitation quand il le fait. J'aime fondre mes perversions dans les siennes. J'aime la déflagration d'énergie de leur fusion.

J'aime sentir que je lui appartiens, j'aime qu'il sache qu'il peut faire ce qu'il veut de moi, que je me présente totalement vulnérable et totalement désarmée devant lui. J'aime ses cordes, elles sont plus vivantes que n'importe quelle déclaration.

Photo: - DR - Auteur Inconnu

vendredi 5 décembre 2014

L'angoisse du premier rendez-vous...par Mon Atalante (Suite)

J'avais un chewing-gum, il me gênait, je ne voulais pas que tu le sentes quand tu m'embrassais. Je l'ai sorti de ma bouche, tu m'as dit de te le donner et tu l'as mâché à ton tour, le geste m'a surprise et touchée.

Tu as sorti ton sexe. Je me suis baissée pour le prendre dans ma bouche. J’étais contente de le retrouver. Je l'ai passé doucement ton gland sur mes lèvres sèches, puis j'ai ouvert la bouche pour l'humidifier. Ton sexe s'est rapidement durci. J'étais contente de moi.

Puis tu m'as relevée et tu m'as emmenée dans ta chambre. Elle était à peine éclairée par une ampoule tamisée. Tu m'as tendu un sachet, dans lequel était pliée une combinaison noire. Tu l'as sortie, tu m'as dit de l'enfiler et de t'attendre sur le lit. Tu es sorti de la chambre.

J'étais fébrile. Tout ce que je faisais était nouveau... J'ai caressé l’intérieur de la combinaison, elle était toute douce. Je l'ai trouvée confortable, elle comportait des petits pieds... A la réflexion, je comprends maintenant pourquoi ce détail m'a marqué: c'était simplement une résurgence de souvenirs infantiles. C'est le genre de combinaison que l'on porte quand on est bébé.

Elle était parfaitement à ma taille. J'étais bien, c'était doux, j'avais comme couverte par une nouvelle peau. Un peu comme un animal. Une jeune chatte.

J'étais vêtue pour ton monde. Cette combinaison, c'était le passeport pour un nouveau moi, sauvage.

J'ai joué un peu avec la fermeture entre mes cuisses, je voyais ma petite chatte apparaître. J'avais l'impression de devenir un objet. Une femme empaquetée, calibrée, prête à la consommation, une petite poupée dédiée au plaisir... A ton plaisir. J'aimais cette idée d'être là juste pour toi.

Le temps était long, je me demandais combien de temps tu allais me laisser comme ça. J'ai attendu quelques minutes à quatre pattes, puis j'ai rejoué un peu avec la fermeture entre mes jambes. Lassée, je me suis relevée et j'ai exploré ta chambre du regard.

Ton pas s'est fait entendre dans le couloir, j'ai repris immédiatement la position que tu m'avais demandée. Tu t'es approché de moi, tu as passé ta main sur ma peau de tissu. Je me sentais féline et gracieuse... Je voyais la légère courbe de mes seins mise en valeur.

Tu as remonté la fermeture éclair de mon dos, puis tu m'as embrassée. Tu venais de fumer, j'ai aimé cette odeur. Puis tu m'as dit de venir avec toi.

Auteur du courrier: Mon Atalante
Photo: - DR - Auteur Inconnu

dimanche 9 novembre 2014

L'angoisse du premier rendez-vous...par Mon Atalante


Quand j'ai pris le métro, ma journée se finissait. J'avais passé une partie de mon temps dans les transports, entre mes cours et mes rendez-vous. J'étais lasse, mais curieuse de savoir ce que tu m'avais préparé. Toutefois, quand je suis montée dans le métro, j'ai eu un petit doute quant à la pertinence de venir te voir après une journée si chargée.

En m'asseyant sur un strapontin de la ligne 10, je me suis doucement laisser aller à mes rêveries, la main sur mon portable pour pouvoir réagir immédiatement à tes sms.

J'ai fermé les yeux, posé mon dos contre le dossier. J'ai pensé à toi. A ce que tu m'avais dit sur ta tenue. Tu serais habillé pour l'occasion. Sans plus de détail. J'imaginais que tu me recevrais en harnais de cuir et fouet. Je savais que ta tenue symboliserait la frontière entre le monde tel qu'il est, et ton monde. Celui dans lequel tu m'invitais.

De vagues doutes m'assaillaient. J'allais être dans une position de vulnérabilité, entre les mains d'un inconnu. J'étais dans une situation dangereuse. Paradoxalement, cela me galvanisait. Le danger, la possibilité d'une destruction fantasmée excitait mon imagination. Se livrer, victime et martyr pour le plaisir d'un inconnu : un don bien plus vaste que du sexe.

Personne ne savait où j'allais. J'avais dit à mon compagnon que je me rendais chez une vague connaissance. Mais j'avais pris soin de laisser une adresse, la tienne, sur un post-it, posé nonchalamment sur le bureau... Comme une petite énigme, dont il me plaisait d'imaginer le scénario. D'abord ma disparition. L'inquiétude. L'appel à ma connaissance. Sa réponse négative. La perplexité. La découverte du post-it. L'ignorance du nom de mon ravisseur. L’enquête. Les perquisitions. Et puis ma découverte....

J'étais à la fin de mon cycle, ce qui marque, en général une baisse de mon désir. Le moment où je suis le plus Chatte, c'est la première quinzaine. Une petite femelle en chaleur qui se frotte aux ourlets de son maître, bouleversée d'hormones.

Mais je savais que notre rencontre serait assez fertile en découvertes et étrangetés pour pallier à ce contretemps biologique. Mon désir serait cérébral. J'engrangerai chacun de tes gestes, chacune de tes paroles, comme un film que je me passerai indéfiniment lors de mes séances de caresses intimes.

Je sautais de rame en rame de métro. Est-ce que j'allais vivre l’humiliation de la survenue de mes règles pendant les jeux que tu m'imposerais? J'étais partie sans prévoir de protection, cela me tourmentait. Mais, dans une espèce de délire, je me disais que j'étais capable de contrôler mon corps et qu'il ne se passerait rien.

Dans la nuit, je marchais vite, je m'en voulais d'être en retard. Je m'étais trompée de ligne, ce qui m'avait fait perdre dix minutes. Je voyais cette erreur comme une fuite symbolique. Mais il ne me serait pas venue à l'idée de fuir réellement.

Je savais que tu m'attendais. Je ne voulais pas te décevoir. Je t’inondais de messages, consciente que ce n'était qu'un piètre tour de passe passe.

Après quelques tâtonnements, je reconnaissais enfin ta rue. La félicité. Je tapais ton code et montais les marches. Est-ce que mon cœur battait plus fort ? Je ne sais pas. Je crois que j'étais un peu déconnectée. Je me regardais monter les marches, comme si un regard extérieur m'observait. J'étais à la fois actrice et spectatrice de ce que je faisais. Ma conscience était dissociée.

Je me préparais à faire quelque chose qui n'appartiendrait qu'à nous, que personne ne saurait jamais, quelque chose de fou, intense et absolu.

Tu m'as ouvert la porte, et tu m'as prise dans tes bras.Tu n'étais pas en harnais. Tu avais des bottes, un tee shirt noir et un pantalon moulant. J'ai senti ta chaleur. Ton tee shirt sentait la lessive, une odeur d'enfance. Tu m'as serrée contre toi, j'ai reconnu la forme de ton corps, la douceur de ta peau, sous ton tee-shirt. J'ai niché ma tête dans ton cou. J'ai senti ton odeur. Et là, j'ai enfin cessé d'être spectatrice de moi-même.

Auteur du courrier: Mon Atalante
Photo: - DR - Auteur Inconnu